Retour sur le week-end du CAT… et perspectives pour la suite

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Du 5 au 7 décembre 2025 s’est tenu à Paris le week-end anti-travailliste organisé par le CAT (collectif anti-travailliste) à Paris à la Bibliothèque des Fleurs Arctiques. Ce fut l’occasion de se réunir entre collectifs et personnes venus de partout en France pour échanger autours de nos pratiques, de nos réflexions, de nos constats et de nos perspectives, afin de relier des initiatives éloignées les unes des autres. Différentes discussions, des ateliers, des groupes de lectures publics étaient prévus pour parler du travail, du travaillisme et de son actualité (réformes RSA, chômage..), pour partager des expériences de luttes et échanger autours de formes d’inter- ventions possibles.

La dématérialisation, la numérisation des contrôles et l’organisation sociale en général rendent difficile l’organisation politique et la lutte. Nous sommes tous atomisés et parfois repliés sur nos propres quotidiens pourris, rongés par le taf. L’intérêt de ce genre de week-end est de permettre de sortir de nos solitudes pour mieux pouvoir lutter contre ces différents contrôles et contre la mise au travail.

Les camarades venus de Lille et de Brest (villes appartenant à des départements-test quant aux nouvelles réformes et dispositions du RSA et du contrôle des allocataires) ont pu partager leurs initiatives nées face à l’accentuation du flicage et à cette offensive travailliste : des assemblées, des bordélisations de France Travail et de la CAF, des tractages, des perturbations de réunions (Conseil Départe- mental, formations, etc.) ont eu lieu dans ces deux villes.

Un constat a été partagé concernant les pratiques de type permanences ou AG : en général, les personnes passent pour récupérer des infos et combines vis-à-vis de France Travail, mais peu nombreux sont ceux qui s’investissent sur le long terme dans les collectifs et assemblées de lutte. Il est certain que des espaces de solidarité sont nécessaires, mais on s’est demandé comment sortir du simple échange de combine pour proposer des interventions offensives contre le travail et ses institutions.

Cette nouvelle loi donne une latitude pour des agents qui veulent s’illustrer dans le contrôle des chômeurs et la mise au travail. Depuis le week-end anti-travailliste, des débats parlementaires ont eu lieu au sujet d’accorder à France Travail le pouvoir de suspendre les allocations chômages en cas de suspicion de fraude. Le marché du travail change et devient de plus en plus un marché de l’insertion à l’emploi : les associations et surtout les sous-traitants de l’insertion exploitent grassement ce business, profitant toujours plus de la misère des gens. La CGT Chômeurs a d’ailleurs réalisé une enquête et une carte qui recensent ceux qu’ils appellent « vautours de l’emploi » et qui pourrait servir à des idées d’actions futures.

Des discussions plus théoriques ont aussi eu lieu, sur le travail et ses définitions et l’histoire des luttes anti-travaillistes, renouant avec de vieux dé- bats toujours actuels de l’histoire révolutionnaire sur les manières dont on se représente l’après-révolution, la distinction entre activité et travail.. Une brochure a été réalisée pour se replonger dans les interventions contre le travail du passé. Des collectifs et des individus ont pu présenter des textes et ateliers sur le sujet.

De notre côté, nous pensons qu’il reste nécessaire d’at- taquer le travail sous toutes ses formes, avant, pendant et sans doute après la révolution, et surtout le travaillisme et ses agents qui veulent nous mettre au taf ! Là se crée une rupture avec la gauche et l’extrême gauche ou avec les autoritaires. Car lutter contre le travaillisme et pas seulement contre le travail, c’est attaquer toute ses valeurs, qui viennent aussi de la gauche : le mérite, la fierté du travail, la conscience professionnelle… Nous sommes contraints de travailler ou de chercher un emploi. Les fluctuations économiques et l’adaptation de la main d’œuvre à celles-ci sont l’affaire du Capital et de l’Etat. Ce n’est pas notre problème à nous, qui sommes contraints de vivre dans ce système ! Le premier pas serait peut être de s’en rendre compte et de refuser dès lors de prendre en charge notre propre mise en conformité avec les besoins de l’économie, contrairement à ce dont on nous serine. Si les liens entre différents collectifs en France ont été établis, présageant de solidarités et peut-être d’actions coordonnées dans le futur, nous espérons grandement que d’autres initiatives et collectifs naissent.

On a échangé entre nous, sur ce qu’il serait possible de faire dans la mesure de nos moyens pour s’agiter dans la lutte contre le travail et enrayer le plus possible la machine. L’idée principale qui est revenue est celle de l’organisation d’une semaine d’action contre les sous-traitants et formations en tout genre, qui n’ont que pour but de nous rendre employables, c’est-à-dire dociles dans la mise au travail. C’est un marché en développement et France Travail a de nombreux partenaires, locaux ou présents sur tout le territoire. Ils sont pour l’instant bien trop tranquilles !

Pour toutes ces raisons, nous appelons à des journées d’actions autour du 1er mai contre France travail et ses partenaires de l’insertion et du contrôle. D’ici la, les camarades de l’AG RSA France Travail de Brest organise une manifestation contre la réforme du RSA le jeudi 16 avril, d’autres occasions se présenteront, soyons nombreux lors de ces initiatives.

Printemps 2026

Le CAT

Collectif Anti-Travail
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